AVANT LE XVe

Style Haute Epoque (Xe – 1500)

L’insécurité, l’inconfort, les pièces sont mal éclairées. Les tentures sont nombreuses pour compenser l’indigence du mobilier.
Malheureusement on a retrouvé très peu de meubles de cette époque, car une fois passés de mode, ils servaient de bois de chauffage.

Les meubles de cette époque gothique (les Valois) sont très rares, coûteux et fragiles. Ils sont les ancêtres de tous les meubles et servent de référence dans l’histoire des meubles.
Le chêne est d’un emploi presque exclusif jusqu’à la fin du XVe par l’arrivée du noyer. Seul le fer forgé est utilisé pour les charnières, pentures, serrures, poignées ou le cloutage des tissus.
L’ornementation est peinte ou sculptée et sont exclusivement d’inspiration religieuse et architecturaux (rosaces, ogives, colonnes à crochets, entrelacs des églises dites gothiques).
Les principaux sièges sont les bancs, les archebancs, les chaires et le faudesteuil.
La chaire est un siège en bois avec un dossier. Ce dernier s’élève pour être surmonté d’un dais. Sur le fond de ce siège l’on pose un « carreau » qui est un coussin.
Les meubles : le buffet, le dressoir, le lectrin, le coffre.

LE XVIe

Style Renaissance (1500-1610)

Période de l’art français qui commence avec le règne de Charles VIII (1483) Louis XII (1498-1515) ; François Ier (1515-1547) ; Henri II (1547-1559) ; Charles IX(1560-1574) ; Henri III (1574-1589) ; Henri IV (1589-1610).

Le style français de la Renaissance se rapproche du style italien Il en est une traduction assez fidèle avec le retour aux traditions antiques, un renouvellement des formes et du sentiment décoratif et l’apparition de la coquille La lumière pénètre par de larges ouvertures ce qui va favoriser la décoration intérieure. Le mobilier va se développer et se trouver mis en valeur dans le courant du XVe. La coque
Le roi François 1er devient le mécène. Lui et toute la nouvelle société ainsi que la noblesse vont contribuer au développement des arts et de la décoration intérieure. Le meuble caractéristique de cette époque est le buffet (meuble deux corps) et la chaire à bras. Les formes s’épurent ; la feuille d’acanthe a fait son apparition, mais c’est une acanthe plus grêle, plus gracieuse, plus élancée que celle du style roman ; elle se rapproche beaucoup de l’acanthe grecque et les rinceaux eux-mêmes ont l’élégance, la finesse de l’art antique.
Le style nouveau s’épure sous Henri II ; il est en plein épanouissement avec ses formes châtiées, bien précises, avec ses profils délicats ; c’est la renaissance dans ce qu’elle a de plus élégant, de plus étudié.
Avec Henri IV les formes s’alourdissent, deviennent plus massives. Les rinceaux se font plus touffus et plus épais, l’acanthe a des raideurs qu’elle ne possédait pas auparavant. On sent qu’une nouvelle tendance se prépare, d’où naîtra plus tard le style Louis XIV.
Cette chaire est de forme rectangulaire ou trapézoïdal, le dossier est droit, les pieds sont reliés par des traverses. Le dossier s’incline au fur et à mesure pour augmenter le confort.
Les premières garnitures apparaissent vers 1595, elles sont constituées de matériaux : la laine, la bourre de soie, de l’étoupe, de l’herbe séchée, des feuilles. Le couverture est très variée car les étoffes de soie, de damas sont très nombreuses. La finition est faite de gros clous à tête forgée.

LE XVIIe

Style Louis XIII (1589-1661)

De Henri III en 1589 à la prise du pouvoir par Louis XIV en 1661
La France vient de subir des évènements dramatiques avec les complots et les guerres de Religion. Le peuple aspire à plus de sérénité. Malgré les conflits les arts continuent de se développer puisque les échanges artistiques se poursuivent en Europe. Les menuisiers vont créer une mode française et le siège en particulier.
Nous retrouvons dans ce style les signes distinctifs du style Renaissance ; ce sont les mêmes profils de moulures, assez compliqués, assez importants et massifs ; ce sont les mêmes guirlandes et chutes de fleurs traitées grassement, largement ; ce sont les mêmes figures humaines décorant les panneaux et offrant les mêmes aspects qu’à la Renaissance, c’est-à-dire ayant les têtes plutôt petites sur des cous allongés, les corps d’hommes nerveux et musclés, les corps de femmes avec des formes plutôt développées, tout en demeurant élégantes.
D’une allure géométrique et d’une conception rigoureuse, les meubles de l’époque de Louis XIII sont plaqués, tournés, moulurés. Leur forme général est très architecturée, sobre et souvent massive. Les bois utilisés sont le chêne, le noyer, l’ébène, le poirier et le sapin.
Le placage d’ébène et de poirier noirci s’ajoute l’ivoire, le marbre, les pierres colorées et différents métaux.
Le tournage s’applique à toutes les parties des sièges, aux entrejambes des tables, des coffres et des cabinets, aux colonnettes des armoires.

L’assise des sièges est large, le dossier est court. L’entretoise est en H et les accotoirs disparaissent. C’est à cette époque que le mot fauteuil apparaît.
Le rembourrage des sièges est recouvert de velours, lampas, damas, tapisserie ou tissu commun.

Style Louis XIV (1661-1700)

Le règne de Louis XIV ayant été fort long (1643-1715), l’art décoratif, la menuiserie l’ébénisterie ont variés sensiblement durant ce règne.
Un fossé se creuse entre le mobilier bourgeois et provincial, dérivation des modèles régionaux du XVIème siècle et celui des palais princiers qu’on imite pour les courtisans. Le mobilier est de plus en plus luxueux. Le mobilier d’apparat est richement orné de placage et d’incrustations avec le fameux André Charles Boulle.
Deux périodes : La première, est majestueuse et grandiose ;
L’ ornementation de seconde période devient plus délicate, plus frêle : c’est l’acheminement au style Louis XV.
Le nouveau Roi par sa fermeté politique réalise l’unité de la France avec l’aide de ses ministres et organise le commerce.
Le Roi bâtit le Palais de Versailles qui va devenir le phare de l’Europe.
A partir de 1661 jusqu’à la fin du siècle 1700, Louis XIV va imposer son style à toutes les créations artistiques de son règne. Les matériaux se multiplient, les techniques s’améliorent, les lignes s’infléchissent timidement : le sobre et le massif de Louis XIII n’est plus, le style Louis XIV est né.
Les meubles en bois massif sont en châtaignier, en noyer ou en chêne. Ils peuvent être naturels ou peints en couleurs vives, dorés ou argentés.
La France en guerre avec les Flandres, le Roi interdit les importations de canne et de sièges cannés.
Les bâtis des meubles marquetés ou plaqués sont en chêne pour les parties principales, en peuplier ou en sapin pour les parties secondaires.
La marqueterie dont Boulle est le maître incontesté connaît un grand développement,
Créée à base d’éléments minéraux et animaux, Boulle utilise le cuivre, l’étain, l’argent, la corne, l’écaille, la nacre et l’ivoire. Le décor en cuivre dit « en première partie » ou le décor en écaille dit « en contrepartie » sont utilisées souvent sur deux meubles de structure identique.
Le bronze est très employé pour décorer et orner ou pour renforcer la structure.
Les motifs en rinceaux et les volutes sont traités de façon différente ; la feuille d’acanthe est plus nerveusement sculptée qu’à l’époque précédente, les rinceaux sont plus indépendants, plus libres, la figure humaine joue un rôle moins considérable.
La forme de balustres est donnée aux pieds ; la partie supérieure étant toujours plus ample, plus large la coquille est très fréquemment employée. Dans les sièges, les entre-jambes sont contournés en forme de doucine allongée, les pieds sont galbés.
Le dossier est plus haut et renversé vers l’arrière, le piètement est plus finement sculpté et l’entretoise passe progressivement de la forme en H à celle en X.
L’emblème du soleil représenté avec ou sans rayons, surmonté ou non de panaches décoratifs, flatterie au souverain régnant est le signe distinctif du style Louis XIV.

LE XVIIIe

Style Régence (1700-1730)

Au début du règne de Louis XV (XVIIIe siècle : 1715-1774), c’est-à-dire sous la Régence de 1715 à 1723 de Philippe d’Orléans on retrouve les mêmes formes, les mêmes ornementations que sous la dernière période de Louis XIV, avec une tendance cependant à rendre les ornements encore plus délicats, plus dégagés, plus légers.
La Régence est un état d’esprit. Les dernières années, lugubres et solennelles du « grand roi » qui a renoncé aux fêtes mais maintient une étiquette sévère provoque par réaction un besoin d’intimité, de confort, de distractions et de plaisir à la ville. On fuit le cérémonial guindé de Versailles pour les salons de princes libertins et spirituels, de dames raffinées et séduisantes. L’élégance remplace le protocole.
Les commandes auprès des artistes et artisans viennent de particuliers et non plus du monarque. Les dimensions des pièces se réduisent dans un souci de confort et d’intimité : petits salons, boudoirs, cabinets à écrire, salons de musique.
Les meubles deviennent plus petits, plus maniables et plus nombreux.
Leurs lignes sont courbes et plus douces. L’ornementation se fait plus fantaisiste :
rocailles, herbages, coquilles. Le placage et le décor de bronze se généralisent.
La structure des accotoirs reculent, le siège s’élargit et s’étend en profondeur, le haut du dossier s’arrondit.
Apparaissent des sièges comme la voyeuse ou la voyelle : les hommes l’enfourchaient et pouvaient à califourchon suivre les parties de jeux. C’est un siège sans accotoirs dont le dossier était orné d’un coussin sur lequel on croisait les bras.
Noble sans raideur, riche sans ostentation, pur sans sécheresse, raffiné sans mièvrerie, le style Régence est un mélange équilibré de charme et d’élégance.
Le placage le plus prisé est le bois de violette (palissandre) avec des effets de frisage.
La marqueterie de bois de couleur se détache sur l’ébène. Les dessins sont géométriques.
La marqueterie d’écaille et d’étain n’est plus appréciée que par de rares amateurs.
Le bronze doré au mercure ou vernis en couleur d’or est très employé. Il cerne le plateau des meubles, il consolide l’encadrement des tiroirs dont les «mains » facilitent l’ouverture. Il protège les pieds des meubles (sabots), il adoucit les angles (espagnolettes)

Style Louis XV (1730-1760)

Le règne de Louis XV, surtout à sa dernière période, va accentuer cette marche rapide vers la fantaisie et lui faire atteindre son apogée avec le style rocaille ou rococo
Pour complaire à la souveraine, la décoration est même féminiser jusqu’à la fin du règne de Louis XV, où elle aura atteint son maximum de fantaisie, de caprice, de décadence.
Le règne de Louis XV est l’âge d’or des favorites : Mme de Pompadour, Mme du Barry.
Les meubles sont en bois massif : chêne, noyer, merisier, frêne, prunier, châtaignier, olivier.
Le hêtre, le tilleul, le noyer sont réservés aux sièges
Le bois peint est très souvent utilisé : moulures et sculptures en rechampis
Le bois doré est employé pour les consoles et certains sièges.
La marqueterie à partir d’une centaine d’essences différentes sont employés pour exécuter des compositions chatoyantes, des bouquets, des vases, des gerbes, des branchages, des semis de fleurs, des dessins géométriques.
La marqueterie Boulle n’est plus employée que pour les coffres, pendules, cartels et horloges
Le vernis Martin du nom des Frères Martin réussissent à créer un procédé. Ils copient les laques à fond noir et à dessins or et mettent au point des laques à fond clair (bleu dur, vert émeraude, jaune) qu’ils décorent de fruits, de scènes champêtres ou de chinoiseries.
Cette technique est très courant mais très fragiles. Ces pièces forment un ensemble très apprécié.
Les sièges : cabriolet, bergère de confessionnal, fauteuil de cabinet, bergère ponteuse, marquise, chaise à la Reine, fauteuil de paille, banquette, canapé dit ottomane, dit veilleuse, dit sopha, chaise longue dit duchesse en bateau, duchesse brisée, tabouret pliant en forme d’X, voyelle.
Les tables : table à ouvrage, table en haricot, table tambour, table à écrire, table de chevet, chiffonnier, table d’accouchée, coiffeuse, console, bureau plat, bureau dos d’âne, bonheur du jour, bureau capucin, bureau à cylindre, secrétaire à abattant, commode à la Régence, commode à pieds élevés, commode de religieuse, commode en console, chiffonnier, encoignure, bibliothèque, horloge

Nouveauté : l’auteur frappe les meubles de son poinçon à partir de 1751, c’est l’estampille.

Console Trumeau Louis XV– Bureau Louis XV– Lit Louis XV  – Armoire à glace Louis XV – Buffet Louis XV

Paravent Louis XV – Trumeau de glace Louis XV – Vitrine Louis XV – Fauteuil et Cabriolet Louis XV


Style Transition Louis XV Louis XVI (1750 – 1774)

Cette période se développe de 1750 à la fin du règne de Louis XV en 1774.

Les découvertes des ruines de Herculanum et Pompéï, les artistes s’inspirent à nouveau de l’art antique après l’avoir délaissé depuis le début de la Régence sans le plagier. Ils cherchent surtout à imiter sa simplicité, sa pureté dans les formes antiques et dans les ornements en tempérant leur froideur par une élégance et un charme qui rappelaient le souvenir des époques passées.

Durant cette période de courte durée, certaines parties de meubles sont contournées, les pieds arqués dits « pieds de biche » comme sous Louis XV ; tandis que d’autres, au contraire, ont la rigidité, la sévérité du Louis XVI.

Le corps du meuble abandonne sa forme ventrue, la partie centrale est en avant-corps bien que les tiroirs soient de toute la longueur du meuble.

La marqueterie en mosaïque a plus de faveur que la marqueterie fleurs.

Les pieds sont en gaine à section ronde et ornés de cannelures

Style Louis XVI (1774 – 1785)

Cette période débute en 1774 et se termine avant la fin du règne de Louis XVI vers 1785.
La bonhomie et la simplicité de Louis XVI, la vertu et la gaité de Marie Antoinette s’accordent bien au décor de cette époque, fatiguée des raffinements exotiques et de l’exubérance un peu désordonné de la rocaille Louis XV et profondément éprise de naturel et de fraicheur.
On revient au culte de la raison. La mode est la campagne, la vraie.
C’est le style de Jean Jacques Rousseau.
Le pied de biche de l’époque Transition sur beaucoup de meubles est abonné. Le pied gainé à section carrée ou ronde le remplace.
Le meuble devient complètement rectiligne, orné d’encadrement en bronze, aux angles rentrants ou en forme de médaillon.
Apparaît à cette époque, la galerie ajourée en bronze Les poignées des tiroirs sont des anneaux mobile entourant une rosace fixe.
Les laques d’Extrême-Orient sont toujours employées, les motifs en porcelaine de Sèvres mettent un point de richesse au milieu des panneaux… à se demander si l’ornement est fait pour le meuble ou le meuble pour l’ornement.
Les sièges ont un dossier rectangulaire ou en forme de médaillon, la partie supérieure est ornée d’une pomme de pin. Les pieds sont droits, en fût cannés, en spirale, sabrés, la structure plus légère
L’entretoise en H revient après un demi-siècle d’interruption, le dossier peut être percé.
Les médaillons ovales sont garnis de chutes de laurier et de nœud de ruban, les draperies relevées avec chutes aux extrémités, les consoles sont garnies de guirlandes de laurier.
Les chaises ont un dossier orné d’un motif ajouré lyre ou corbeille.
Du retour à la nature sont nés les attributs rustiques : panier d’osier rempli de fleurs, ruche d’abeilles, instruments aratoires, serpettes, houes… Les attributs sentimentaux : torches, carquois, couronnes de fleurs, cœurs percés d’une flèche, oiseaux et les instruments de musique, de sciences et d’arts.
Les ornements typiques sont la cassolette fumante, l’urne, la soupière présentées au milieu de rinceaux ou de guirlandes de feuillage.

Fin XVIIIe

Entre les débuts de la Révolution française et la chute de l’Empire, 25 ans seulement s’écoulent, trois styles différents apparaissent et prennent le nom de régimes politiques.

Style Directoire de 1789 à 1799

La France passe de la monarchie absolue à l’Empire en renversant : la République, le Directoire et le Consulat. Tout ce qui symbolise l’ancien régime : le luxe royal, les privilèges des courtisans, le pouvoir de l’aristocratie, est condamné. Les révolutionnaires ont supprimé les corporations qui ne peuvent plus garantir ni la qualité, ni l’exécution de la production. C’est le style antique « à la grecque » qui continue. Il s’inspire des formes de la fin du règne de Louis XVI mais les ornements figurent parfois des bonnets phrygiens symbole de liberté, des faisceaux de licteurs romains, des cocardes, emblèmes de la révolution.

L’engouement pour l’art grec s’accentue. Les meubles annoncent l’Empire sans en avoir la lourdeur et la splendeur.

Style Consulat (1799 à 1804)

Le général Bonaparte renverse le Directoire et instaure le Consulat. Le pouvoir exécutif est confié à trois consuls.

 Les formes se rapprochent de celles du Directoire. Les meubles sont toujours en acajou moucheté, ou en citronnier mais les ornements de diffèrent dans leurs dessins. La grande majorité des meubles est réalisée en acajou.

La structure des meubles : Les pieds des meubles sont en forme de toupie, apparition des pieds en “sabre”, la forme est sobre et d’un parfait équilibre.

Les tables sont rondes à volets rabattants .

Le décor : l’inspiration dominante reste l’Antiquité, au registre grec et romain s’ajoute l’Egypte grâce aux campagnes napoléoniennes. Les dossiers des chaises sont de moins en moins garnis d’étoffe. Des cygnes commencent à orner les bras des sièges en acajou massif.

LE XIXe

Style Empire (1804 à 1815)

L’empire bloqua l’importation d’acajou en 1806, on utilisa donc des bois aborigènes (frêne, orme, citronnier). Parfois on argentait les meubles.
Style de la propagande.
Napoléon établit une centralisation tyrannique des activités artistiques. Les évènements politiques suscitent une gravité qui commande même la forme des sièges.
Les jurandes traditionnelles et les anciennes académies sont supprimées. Elles sont remplacées par des expositions distribuant des récompenses et des médailles.
Percier et Fontaine sont les créateurs du style officiel de l’Empire. Ils n’admirent que l’Antiquité et rejettent l’art Français du XVIIIe. Ils recherchent la grandeur et la noblesse.

Tous les objets décoratifs « style empire » sont, tant au point de vue de l’ensemble que des détails, d’une décoration lourde, massive. C’est un style empesé, guindé, prétendant s’imposer plus par son caractère que par le charme de ses formes.
Toujours en référence au voyage en Egypte ou à l’Empire Romain : décor en pattes de fauves, gaines de sarcophages, fleurs de lotus, palmettes écartées, buste de lions ailés ou féminins. Support d’accotoir en col de cygne et le pied de siège en balustre.

Style Restauration (1815-1830)

L’épopée de Napoléon après 15 ans de fanfares prodigieuses d’un bout à l’autre de l’Europe se termine dans la plaine de Waterloo.
La France saignée à blanc, ruinée, entre en convalescence sous la surveillance des 2 frères de Louis XVI – Louis XVIII (1815-1823) et Charles X (1823-1830)
Les dirigeants de l’Ancien Régime cherchent à renaitre son état d’esprit, son décor et ses manières.
Le souci de produire Bon Marché paralyse les initiatives et tue l’esprit d’originalité.
Les fleurs de lys se substituent aux aigles et autres emblèmes de l’empire, pour autant, la restauration des bourbons en 1815 ne songea pas à retourner aux formes d’un passé périmé.

Une harmonie élégante, sans être prétentieuse, se dégage du mobilier. Il est confortable, gracieux et maniable dans les intérieurs plus restreints les formes doucement amollies, l’ornementation discrète et raffinée, la blondeur des bois clairs : poirier, cerisier, érable moucheté, loupe d’orme, citronnier contribuent à donner à ce style une expression personnelle. Bien vernis, ces bois offrent une belle couleur blonde mais les marqueteries en filets de bois brun qui ornent ces meubles présentent des dessins compliqués trop inspirés des ouvrages hollandais.

Style Louis Philippe (1830-1848)

Le style Louis Philippe n’est pas original, il est le prolongement du style Restauration dont il conserve la structure sans en garder l’élégance raffinée. Les formes s’alourdissent, l’ornementation se stéréotype. Ce style nommé Troubadour ou romantique en raison de ses formes en ogives et en clochetons, marque un retour aux sources gothiques, de l’Islam, de la Chine. Cette attitude stérilisera pendant plus de 50 ans la création artistique.
Même les pendules et les dossiers simulent les cathédrales.
La vogue des bois noirs en ébène commence. Massifs et sans grâce, ils ont été fabriqués avec un soin extrême.

Style Napoléon III (1848 – 1870) – Second Empire

L’époque Napoléon III s’attachera essentiellement à faire des copies d’anciens.
Au lieu de tirer leur inspiration d’une seule époque, les ébénistes, décorateurs, tapissiers du second Empire ont puisé indistinctement avec une exubérance joyeuse à toutes les sources. Le gothique, le Renaissance, Le Louis XV, Louis XVI, le Régence, l’art chinois, l’art japonais simultanément… c’est pour cela qu’on parle de meubles de style (Louis XIII, XV, XVI…) et non d’époque car ils ont été créés pendant une période postérieure au style auquel ils font référence.

Sous l’impulsion du mécénat de la princesse Eugénie, admiratrice éperdue de Marie- Antoinette n’est qu’un pastiche pur et simple du Louis XVI : c’est le fameux « Louis XVI-Impératrice ».
Le style second Empire se dégage avec des meubles d’acajou, de palissandre, de poirier noirci, de carton bouilli incrusté de nacre, de cuivre, d’étain, d’écaille.

LE XXe

Style 1900 (Modern Style) – Art Nouveau

Il est resté un style expérimental, un style de théoriciens. Il représentait la seule tentative de création originale mais il marquait une rupture trop nette et trop profonde avec les traditions précédentes pour connaître un succès rapide et les circonstances historiques ne lui laissèrent pas le loisir de connaître une grande diffusion.

La vague de l’Art Nouveau reste brève et limitée. Elle ne couvre que les années 1890 jusqu’en 1910. Elle se limite à une clientèle réduite, tandis que la majorité de la population continue de vivre dans le faux Louis XV ou le pseudo Empire. L’Art Nouveau ou Modern Style, Jugendstil en Allemagne, Liberty ou Floreal en Italie, Arte Joven en Espagne. Sa principale inspiration est la nature, la flore des plaines, des rivières, des forêts. C’est Emile Gallé qui donne le ton, en explorant les fleurs, les plantes, voire les oiseaux, les insectes de sa Lorraine natale, Eugène Grasset décorateur, Eugène Gaillard, Louis Majorelle, Eugène Vallin, Jacques Gruber, Victor Prouvé… développe le mouvement. Assez fréquemment, des architectes acquis à l’Art Nouveau, conçoivent eux-mêmes les décors muraux, les meubles et jusqu’aux moindres objets destinés à équiper les immeubles et les hôtels particuliers qu’ils bâtissent. Hector Guimard, Pierre et Tony Selmersheim, Charles Plumet font ainsi partie de ces novateurs dès les 1900. Henry Clement Van de Velde décorateur d’intérieur et enseignant belge, avec Victor Horta et Paul Hankar, il est l’un des fondateurs de l’Art nouveau belge et fonde en 1926 à Bruxelles l’Institut supérieur des arts décoratifs, plus connu sous le nom de La Cambre. On verra aussi les architectes étrangers : Horta, Hoffmann à Bruxelles, Gaudi à Barcelone… le naturalisme floral des décors Art Nouveau rappelle celui des chapiteaux gothiques. D’autres sources d’inspiration entrent en jeu : le symbolisme, l’art de l’Extrême Orient, celui du Japon. Les maîtres de l’Art Nouveau utilisent volontiers des bois tendres, aux tonalités claires : platane, sycomore, noyer, érable, poirier… faciles à sculpter et propices aux sinueux décors de marqueterie et aux galbes prononcés (Gallé) . D’autres préfèrent l’acajou ou le palissandre plus résistants (Majorelle). Au style “Nouille” s’oppose bientôt l’art très assagi où les lignes droites ou à peine galbées s’imposent de plus en plus.

L’Art nouveau est un Art inventif. Mêlant le rythme, les couleurs, les ornementations, il s’inspire de la nature : arbres, fleurs, animaux, insectes et introduit une sensibilité dans le décor quotidien.

Style Arts Décoratifs (1910-1930)

Cette époque née dans les années 1910 culmine avec l’exposition des arts décoratifs à Paris en 1925, s’assombrit lors de la montée du nazisme en Allemagne en 1933.

Les meubles n’ont pas échappé au goût de la Belle époque pour la ligne courbe et sinueuse. Toutefois, ils sont influencés par les recherches esthétiques et évolueront vers un style plus géométrique.

style Art Déco ou style 1925 – 1939 Le mot Art Déco est né dans les années 1960, période pop-art, pour désigner le style qui triomphe à l’exposition Internationale des Arts Décoratifs et industriels modernes à Paris en 1925. En réaction contre l’Art Nouveau (1910) avec ces formes “molles” ou style “Nouille”. Les formes sont classiques avec des rappels aux styles antérieurs (Louis XVI, Directoire, Louis Philippe). Les peintres cubistes ou abstraits et des architectes vont pousser à la simplification des formes, les volumes aux angles vifs, ou arrondis ou encore à pans coupés. Le cercle et l’octogone sont également appréciés. Les meubles sont supportés par des socles. Les bâtis sont en chêne, les structures moulurées ou plaquées de marqueterie sont en acajou, palissandre, thuya, amarante, citronnier, en ébène, macassar, amboine jaune ou rosé, sycomore, bois de rose. Le bois laqué, l’argent comme le bronze doré, le cuivre sont généreusement employés avec des contrastes : bois clairs et bois foncés, couleurs et matières. L’homme de l’époque c’est Emile-Jacques Ruhlmann, ou encore Pierre Legrain, Pierre Chareau, André Groult, Maurice Dufrêne, Paul Follot, Léon Jallot, Luois Süe, André Mare, Clément Mère, Jules Leleu….Les sièges sont souvent d’inspiration Directoire ou Restauration. Le bois est peu apparent et souvent dissimulé par une couverture de cuir ou de textile. Les commodes et meubles d’appui ont une façade très souvent galbée, voire même ventrue. Les tables sont soit rondes, soit ovales, rectangulaires avec les angles cassés. Les coiffeuses et bureaux de dame sont particulièrement raffinés. L’art Déco est entre esthétique nouvelle (sous influence du cubisme, du fauvisme et de l’art nègre) et tradition dans l’inspiration des styles du passé dans l’ornementation. Il sombrera dès 1939 avec la 2ème guerre mondiale.

Années 1930 1940

l’art Nouveau marquait une rupture avec les époques précédentes.

L’art Déco annonçait une volonté de rupture.

Le Modernisme est en opposition avec le travail artisanal. Les designers militent pour le beau dans l’utile, le mobilier industriel et l’alliance de la forme avec sa fonction.

Ils veulent produire des objets de bonne qualité à des prix accessibles

Années 1950

Basée sur une recherche de confort, d’ergonomie, d’économie et d’esthétisme, les années 1950 s’inspirent du mouvement surréaliste (libération des contraintes) et l’art Déco. Les lignes sont nettes, simples et épurées. On retrouve la géométrie des formes sans le côté symétrique.

droites ou en larges courbes paraboloïdes hyperboliques sont nettes, simples et épurées

Années 1970

LE MOBILIER CONTEMPORAIN

Tandis que le travail du métal s’impose de plus en plus en Europe Occidentale, une autre technique est mise au point dans les pays nordiques, celle du bois lamellé courbé. Ou encore le contre-plaqué plus courbé mais moulé à la presse avec cette fois des piétements en métal, par l’américain Charles Eames et un autre Finlandais, Eero Saarinen. Après la guerre, l’italien Carlo Mollino et le danois Arne Jacobsen conserveront cette technique. Le verre et le métal entrent pour une part prépondérante dans l’élaboration des meubles conçus par les fonctionnalistes. Le métal dont on apprécie la solidité, la maniabilité est souvent utilisé. Citons Ruhlmann, Marcel Breuer, Mies Van der Rohe, Le Corbusier, Pierre Jeanneret, Charlotte Perriand, Robert Mallet Stevens, René Herbst, Louis Sogno, Jean Prouvé qui sont les premiers adeptes du métal, qu’ils utilisent seuls ou avec d’autres matériaux.